Carnet de route

Nadelhorn

Le 09/07/2026 par Guillaume Méjat

Les 12 et 13 juin, Florence nous a proposé l’ascension du Nadelhorn, un 4000 du Valais.

 

Vendredi 12 juin : Montée à la Mischabelhütte

 

Aujourd’hui, départ moins matinal que d’habitude. Pour la montée à la cabane, Florence nous laisse le choix entre deux options : soit tout faire à pied depuis Saas-Fee, soit s’épargner un peu de dénivelée en prenant la télécabine jusqu’à Hannig. Un peu fatigués par le boulot, nous choisissons la deuxième option et nous nous offrons le luxe d’un départ à 8h. On se donne rendez-vous chez Florence avec Michaël pour passer prendre Sébastien près de Lausanne et filer vers Saas-Fee.

On arrive à Saas-Fee vers midi. Le paysage nous met tout de suite dans l’ambiance. Le Nadelhorn est dans les nuages mais on voit la plupart des 4000 qui nous entourent : la Lentzspitze, l’Allalinhorn, l’Alphubel, le Täschhorn, etc. La canicule de fin juin n’a pas encore sévi, il a reneigé il y a peu et les glaciers sont d’un blanc étincelant. Nous avalons rapidement un sandwich, faisons les sacs en veillant à ne rien oublier (raté : Florence se rendra compte qu’elle a oublié une paire de chaussettes et moi un sachet de fruits secs...) et prenons la télécabine. De Hannig, il nous reste environ 1000 mètres de D+ pour arriver à la Mischabelhütte. La montée à la cabane vaut déjà la peine : l’essentiel de l’itinéraire se déroule sur une arête équipée comme une via ferrata. La cabane elle-même, que nous atteignons en 3-4 heures de marche, vaut elle aussi le détour. Construite sur l’arête, à plus de 3300 mètres d’altitude, mais impeccablement tenue, elle constitue un havre de confort dans un environnement sauvage.

Le temps d’une petite révision des manips de mouflage, d’un bon repas et d’une CSV à laquelle ont participé deux alpinistes suisses curieux et nous allons nous coucher.

 

Samedi 13 juin : Nadelhorn

 

Réveil à 3h30. La nuit a été courte et mouvementée pour certains. Le vent s’est déchaîné et a fait trembler la cabane. Comme d’habitude, j’ai dormi comme une masse et je ne me suis rendu compte de rien. Lorsque je mets le nez dehors, le vent souffle encore plein pot et la remarque faite par nos amis suisses pendant la CSV me revient : très optimistes sur les conditions météo (ciel bien dégagé, températures bien fraîches et donc bon regel en perspective, etc), ils nous ont fait remarquer que nous avions oublié de regarder le vent. Or, la moitié de la course se déroulant sur une arête, le fort vent annoncé était inquiétant. On part quand même en espérant que ça se calme. Le début de la course consiste à monter au sommet de l’arête sur laquelle se trouve le refuge pour prendre pied sur le glacier. Florence commence à méchamment souffrir d’un mal des montagnes qui a commencé à se manifester dans la nuit mais, vaillante, elle serre les dents et on met les pieds sur le glacier à l’heure prévue. Les conditions de neige sont parfaites, les crevasses sont bien bouchées et le ciel est parfaitement dégagé mais ce foutu vent continue à se déchaîner. On arrive au Windjoch à l’heure prévue mais on se rend compte que ce col porte bien son nom : en français, ça donne « col du vent »… Le vent nous déséquilibre et nous plaque sur la neige, pendant que les cordées qui sont parties avant nous sont en train de faire demi-tour et de redescendre de l’arête qui mène au sommet. On hésite, on discute comme on peut malgré le vent assourdissant et on décide d’abandonner. Le vent ne devrait pas se calmer avant midi et Florence est de plus en plus mal. Bon, pas de regrets. Apparemment, personne n’ira au sommet aujourd’hui et nous aurons passé deux journées dans un endroit magnifique et acquis un peu d’expérience. Et puis, comme on dit, le sommet sera encore là demain !

 

Merci encore à Florence pour l’encadrement et à tout le monde pour la bonne humeur !







CLUB ALPIN FRANCAIS BESANCON
13 AVENUE LEO LAGRANGE
25000  BESANCON
Permanences :
jeudi de 18h à 19h30