Carnet de route
4eme sortie intiiation ski de rando
Le 14/03/2026 par Celie Bresson & Louise Mariez
Jour 1 :
Samedi matin, 5 h 30, les yeux qui piquent encore, le cartel de la peuf (voir épisode 1 pour l'origine de ce nom) se retrouve sur le parking de Morre sous de gros flocons de neige.
Gros flocons de neige ?! Voilà qui semble annoncer le retour de la peuf pour le cartel !
Nous arrivons au Couteray pour la montée vers les chalets de Loriaz. Sur le parking, le manque de neige nous déçoit un peu (où sont passés les gros flocons qui tombaient à Morre ?), mais heureusement, en montant quelques mètres, nous la trouvons enfin. Nous suivons un chemin parsemé d'embûches, entre le manque de neige par endroits qui nous fait déchausser et les arbres en travers du chemin qui nous obligent à faire du limbo. Malgré la météo qui nous met la tête dans le brouillard, le chemin à l'abri des arbres nous réserve un paysage très atypique, à fleur de rochers, avec même un pont pour traverser. Quelques glissades pour les uns et des sauts pour d'autres, la montée se fait tranquillement jusqu'aux chalets de Loriaz, qui nous permettent de manger au sec sur une terrasse. La descente se fera sur une neige un peu glacée, au fil d'un chemin étroit propice aux embuscades de batailles de boules de neige !
De cette première journée, on retiendra surtout la montée et toujours la bonne humeur du groupe !
Arrivés au refuge, après un moment de détente au bar, le groupe se retrouve pour une réunion studieuse. On découvre sur le tableau noir le programme de la soirée : préparation de boom ! Ah non, oups, c'est juste le tableau de la dernière classe de neige qui n'a pas été effacé… ;)
Notre programme est plus sérieux : cours de nivologie et construction d'une CSV pour la sortie du lendemain. Heureusement, le limoncello et le génépi circulent sur les tables pour affûter notre concentration et notre sens de la cartographie !
Jour 2 :
Fidèles à l'organisation de la CSV (jamais le cartel n'aura été aussi efficace !), le lendemain à 9 h 30, skis aux pieds, nous partons du col de Forclaz (1 727 m) pour une ascension vers la Pointe Ronde (2655 m). Le parcours démarre par un travers montant en forêt, entrecoupé de talwegs et de couloirs. La CSV de la veille est encore bien fraîche dans nos têtes et nous nous montrons prudents lorsqu'il faut traverser un couloir.
Arrivés à la Giète (1 882 m), nous réalisons un point TECAP (Timing, État, Conditions (nivo-météo), Adaptation, Plaisir), et en effet, on est cap ! On est dans les temps et rien ne semble indiquer un risque d'avalanche sur la partie la plus exposée du parcours. On constate qu'on n'est pas tout seuls sur le chemin (mais on s'en doutait bien) : les groupes de skieurs se suivent sur une belle trace qui monte vers la Pointe Ronde.
Alors on continue ! On reprend la montée, cette fois-ci bien plus abrupte et à découvert. Au fur et à mesure qu'on avance, on observe des indices qu'on ne voyait pas depuis la Giète : quelques coulées récentes, signes d'avalanches spontanées de faible ampleur. Nous décidons donc de nous écarter un peu plus dans les passages exposés. Les encadrants nous font de petits topos au fur et à mesure de la montée, ce qui nous permet de faire le lien entre la théorie en salle, hier soir, et les indices qu'on observe aujourd'hui.
On progresse sous le soleil et le ciel bleu en espérant atteindre le sommet. On regarde avec envie les premiers skieurs tracer dans la poudreuse tombée dans la nuit, mais les skis commencent à botter et le sommet commence à se voiler de brouillard.
D'après les prévisions de notre CSV, nous sommes ric-rac sur l'horaire. Une petite pause pour rassembler le groupe nous permet de faire le point sur notre progression et notre motivation.
Le temps va nous manquer pour aller au sommet. Des propositions de groupes sont lancées, mais après un très beau discours de Jean-Michel prônant l'esprit d'équipe et l'unicité, nous décidons de renoncer : la décision n'est pas simple, mais ça fait partie de l'apprentissage de notre cycle d'initiation, et c'est ça aussi l'esprit de la montagne.
Avant de redescendre, on profite de la vue sur la Pointe Ronde et les sommets environnants pour faire quelques photos. Puis on remet les skis en mode descente (pendant que la splitboardeuse fait son puzzle…) et hop, on se lance dans la descente pour profiter enfin de la poudreuse qu'on a côtoyée toute la journée !
On profite d'une belle descente sous le soleil dans la combe et on arrive même à trouver (grâce au regard avisé d'un encadrant) une pente entièrement vierge, non trafolée, comme on sait dire maintenant.
Après un pique-nique bien attendu, on entame la deuxième partie de la descente : le travers dans les bois par lequel on est montés. La neige se fait plus rare et le chemin plus caillouteux, on progresse donc moins vite, et pour le plus grand plaisir (ou pas) de notre splitboardeuse, on croise quelques replats qui l'obligent à déchausser et rechausser.
La journée se finit dans la bonne humeur, autour d'une bière pour le topo de fin de week-end, et chacun rentre chez soi, bien fatigué mais ravi et prêt à rêver de montagnes toute la nuit.







